En soutien aux 16 jours d'activisme contre la violence sexiste organisés dans le cadre de la campagne UNiTE 2018, nous avons contacté des militants pour les droits des femmes et nous leur avons posé deux questions: quel est le principal défi auquel les femmes font face dans votre pays ? Comment votre organisation contribue-t-elle à mettre fin à la violence envers les femmes et les filles? Voici ce qu’ils ont dit.

Tous les ans, du 25 novembre au 10 décembre Journée internationale des droits de l'homme, les Nations Unies, des organisations de la société civile, des gouvernements et le secteur privé se mobilisent pour inciter à l'action mondiale contre la violence à l'égard des femmes et des filles .

Le thème 2018 des 16 jours d'activisme contre la violence sexiste est "Orange the World: #HearMeToo" (Orangez le monde : #EcoutezmoiAussi). Pour soutenir la campagne de cette année, nous avons voulu mettre en lumière les activistes de la société civile et les défenseurs des droits des femmes qui sont rarement mis en lumière et qui méritent pourtant que l'on fasse l'éloge du travail difficile qu’ils accomplissent dans leurs communautés et leurs pays. Nous voulions connaître les défis auxquels les femmes et les filles font face et les possibilités offertes par leurs organisations pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.

Lisez les 16 histoires de 16 militants ci-dessous. Chacune de leurs histoires a été présentée sur @GlobalSpotlight au cours de chacun des 16 jours d'activisme.

 

01

Sadya Touré, militante des droits des femmes maliennes, a souligné que dans son pays, toutes les femmes avaient été directement ou indirectement victimes de violence simplement parce qu'elles étaient nées de sexe féminin.
«La violence sexiste est liée aux déséquilibres de pouvoir entre hommes et femmes, raison pour laquelle il est essentiel que les filles et les femmes développent leurs compétences et leurs capacités académiques et professionnelles».
Son organisation, l'Organisation pour l'autonomisation des femmes rurales au Mali, élabore des programmes visant à donner aux femmes de sa communauté les mêmes chances qu'aux hommes.
"Lorsqu'une femme a des compétences professionnelles, lorsqu'elle est consciente de sa valeur et de ses droits en tant que femme, elle dispose des outils nécessaires pour éviter les violences directes ou indirectes."
Suivez Sadya sur Twitter 
@ToureSadya

02

Tapiwa Munthali, de CARE International au Malawi, a déclaré que le harcèlement sexuel constituait le principal défi des femmes.
Pour résoudre ce problème, son organisation initie des dialogues et crée des espaces sûrs où les gens peuvent faire part de leurs préoccupations concernant la violence à l'égard des femmes et les pratiques néfastes. Ils invitent également les chefs communautaires à participer à ces dialogues sur le genre.
«Je pense que les dialogues sur le genre nous permettent de sensibiliser les gens à des comportements quotidiens considérés comme normaux, mais qui peuvent réellement mettre les femmes mal à l'aise ou même leur être nocifs.»
Suivez Sadya sur Twitter 
@Ningenjelwanga

03

Ulemu-Hannah Kanyongolos, militante de défense des droits des femmes, a souligné que l’inégalité d’accès aux ressources financières et naturelles, comme la propriété de la terre, est l’une des causes fondamentales des inégalités auxquelles les femmes et les filles sont confrontées au Malawi.
«Lorsque les femmes ne peuvent pas accéder aux ressources, elles ne peuvent pas contribuer à l’économie du pays. Empêcher l’émancipation des femmes est également préjudiciable à la société dans son ensemble.»
Ulemu-Hannah organise des événements de sensibilisation et de plaidoyer pour changer la perception des jeunes en matière de genre à la clinique de la justice pour les femmes de l'Université du Malawi.
«Nous effectuons des interventions dans les établissements d'enseignement secondaire et supérieur, où nous entamons des discussions sur la violence sexiste à l'école et en dehors de l'école», a-t-elle poursuivi. «Nous utilisons également l'art comme moyen de plaider en faveur du changement et de lutter contre la violence à l'égard des femmes et des filles.»
Suivez Ulemu sur Twitter 
@ulemuhk

04

«La moitié des femmes qui ont subi des violences physiques ou sexuelles ne le disent jamais à personne et encore elles cherchent encore moins de l'aide», a déclaré la militante pour l'égalité des sexes, Linly Dumuka. «Les femmes ont peur de devenir des sans-abri après avoir dénoncé leur mari aux autorités», a-t-elle déclaré.
Avec son organisation SRHR Africa Trust, Linly sensibilise les femmes et les filles au fait que la violence domestique n’est pas acceptable et informe les femmes des voies de dénonciation disponibles et sûres en matière d’abus. Elle soutient également l’autonomisation des femmes et leur indépendance financière par le biais d’ateliers pédagogiques et commerciaux.
«La violence à l’égard des femmes et des filles étant ancrée dans les stéréotypes sexistes véhiculés par les familles, les maris, les églises et les lieux de travail, nous organisons des ateliers de sensibilisation de la communauté, impliquant hommes et femmes, sur l’égalité des sexes et la violence sexiste».
Suivez l'organisation de Linly sur Twitter 
@SRHRAfricaTrust

05

Amintou Hamadou travaille pour l'Association malienne pour la survie au Sahel. Elle explique que l'inégalité entre les femmes et les hommes est le plus grand défi auquel les femmes sont confrontées dans son pays.
Son organisation a pour objectif de sensibiliser le public aux droits des femmes et des filles.
«Avec le soutien des chefs religieux et communautaires, nous avons diffusé des messages sur le changement de comportement à tous les hommes de la communauté. Nous sensibilisons les jeunes à la question de la violence sexiste par le biais de débats, de documentaires, de compétitions artistiques et de la diffusion de programmes radiophoniques. "
Amintou soutient également des campagnes en faveur de l'abandon du mariage d'enfants et des mutilations génitales féminines.
Suivez l'organuisation d'Amintou sur Twitter 
@ONG_AMSS

06

Ousmane Traoré de l'Association de soutien au développement des activités de population (ASDAP) note que l'augmentation de la violence sexiste au Mali est alarmante.
Avec son organisation, il met en œuvre des actions de prévention et de plaidoyer en faveur de l'abandon des pratiques néfastes telles que le mariage d'enfants et la mutilation génitale féminine.
«Nous prenons soin des jeunes femmes victimes de mutilations génitales et nous travaillons pour promouvoir les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles.»
Suivez Ousmane sur Twitter 
@omk_mk

07

Judith Pangani, militante des droits des femmes, travaille pour le Centre de recherche sur les femmes et les enfants victimes de violence (CAVWOC) au Malawi. Elle explique que «le Malawi connaît des scénarios d'impuissance pour les filles et les femmes en raison de la configuration sociale et des croyances culturelles».
Pour changer la situation sur le terrain, son organisation a formé 1 650 membres de la communauté en tant que militants contre la violence sexiste dans le district de Chikwawa.
Ils ont également formé 250 membres de comités de protection de l'enfance chargés de traiter tous les cas de maltraitance d'enfants au niveau communautaire.
«Notre objectif est de sensibiliser aux droits humains et aux droits de l'enfant et de vulgariser les lois relatives au genre.»
Suivez l'organisation de Judith 
@GBVnet

08

Antoinette Bidjogo Melingui travaille pour IEDA Relief au Mali. Elle pense que l'implication des dirigeants religieux, communautaires et locaux est essentielle pour lutter contre la violence sexiste.
«Leur pouvoir d’influence est très important. Nous avons besoin de leur engagement pour changer les mentalités».
Avec son association, elle plaide pour que le problème de la violence à l'égard des femmes et des filles soit abordé dans les écoles afin de sensibiliser les garçons et les filles dès leur plus jeune âge.
Suivez l'organisation d'Antoinette sur Twitter 
@IEDARELIEF1

09

Moussa Abba Diallo travaille pour l'Association malienne pour la solidarité et le développement (AMSODE). Il estime que la violence physique et émotionnelle au sein des couples est un problème récurrent dans les zones urbaines et rurales.
«La violence a des conséquences sur la santé des femmes et des filles, leur productivité au travail et leur contribution globale au développement du pays.»
La question de la violence et de la discrimination à l’égard des femmes et des filles est la priorité du cadre d’intervention de son association.
«Nous menons des activités de sensibilisation auprès des communautés locales et nous plaidons auprès des autorités pour renforcer les cadres législatifs. Nous accompagnons également les femmes et les filles dans les procès et les appels et les soutenons lorsqu'elles veulent dénoncer la violence domestique qu'elles subissent.»
Suivez l'organisation de Moussa sur Twitter 
@OAmsode

10

Les normes socioculturelles perpétuent les inégalités entre les sexes et entravent le développement des femmes », a déclaré la militante des droits des femmes Hawa Ali Traoré.
Par le biais de son organisation APROFEM, elle partage des informations et mène des campagnes pour informer le public sur la violence à l'égard des femmes et des filles au Mali.
Visitez le site internet de l'organisation d'Hawa

11

Fred Buingo travaille pour IEDA Relief au Mali. Il a constate que les femmes sont souvent privées de leur liberté d'expression et de leur pouvoir de décision concernant leur propre corps et leur santé sexuelle et reproductive.
«Les femmes ne sont pas consultées dans les décisions du ménage. Dans certaines régions du pays, elles n'ont même pas le droit de choisir l'homme qu'elles vont épouser. »
Fred pense que le manque de liberté d'expression est enraciné dans les traditions culturelles qui restreignent la liberté des femmes et des filles.
«Pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles, nous devons faire évoluer les mentalités.» L’organisation de Fred sensibilise les femmes et les communautés par le biais d’émissions à la radio.
«Les messages que nous diffusons ont pour objectif de décourager les pratiques discriminatoires et d'encourager les victimes à demander de l'aide et à rompre le silence. Nous fournissons également une aide psychologique et médicale par le biais de cliniques mobiles et nous formons des prestataires de soins ». 
Suivez l'organisation de Fred sur Twitter 
@IEDARELIEF1

12

Caroline Mvalo travaille pour le Centre pour la gestion des conflits et la promotion de la femme (CECOWDA) au Malawi. Elle note que les femmes et les filles font face à de nombreux défis tels que les inégalités de genre, la violence sexiste, les mariages précoces et les mariages d'enfants, la discrimination, le manque d'accès à la terre et aux services de santé sexuelle et reproductive.
Elle pense que la volonté politique est le moyen le plus efficace pour traiter ces problèmes et de changer la vie des femmes.
«Nous plaidons en faveur de l'adoption de lois sur le genre au parlement. Nous formons les femmes et nous les soutenons lorsqu'elles dénoncent des actes de violence et des abus. Nous les aidons à devenir autonomes».
Suivez l'organisation de Caroline sur Twitter 
@cecowdaorg

13

Beatrice Barbra Angufiru travaille pour le projet d’aide juridique de l’Ouganda Law Society. Elle note avec regret que les femmes et les filles sont victimes de violences sexuelles, physiques, économiques et psychologiques en raison de leur genre.
«Les femmes sont considérées comme plus faibles parce qu’elles sont des femmes. Leur genre est utilisé comme une justification pour en profiter et pour perpétrer des actes de violence à leur égard».
Pour lutter contre cela, Beatrice travaille à engager les communautés pour prévenir la violence à l'égard des femmes et des filles. Elle organise des séances de sensibilisation dans la communauté et soutient la création d'émissions-débats à la radio qui traitent des différentes formes de violence à l'égard des femmes et des filles.
Suivez l'organisation de Beatrice sur Twitter 
@ug_lawsociety

14

Au Malawi, une femme sur cinq a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Avec Oxfam Malawi, Thokozani Banda collabore avec des organisations féminines locales pour prévenir et arrêter la violence dans les communautés locales.
«Nous enseignons aux femmes où et comment signaler les cas de violence sexiste et les encourageons à prendre la parole et à briser le silence.»
Suivez l'organisation de Thokozani sur Twitter 
@oxfammalawi

15

Chisomo Zileni travaille pour le DanChurchAid au Malawi. Il note que «les normes sociales stéréotypées créent des relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes, des comportements préjudiciables et une violence sexiste».
Chisomo encourage les chefs religieux et traditionnels à défier les stéréotypes et à lutter contre les comportements et pratiques néfastes tels que le mariage des enfants.
Il s’engage à faciliter l’autonomisation des femmes par le biais de formations et de possibilités de mentorat pour les aider à comprendre leurs droits et à reconnaître les situations dans lesquelles leurs droits sont baffoués.
Suivez l'organisation de Chisomo sur Twitter 
@DanChurchAid

16

Bintou Coulibaly travaille pour l'Association pour le progrès et la défense des droits des femmes au Mali.
«La violence sexiste est le plus grand défi auquel les femmes sont confrontées au Mali.»
Avec son organisation, Bintou s’occupe des survivantes et les aide à acquérir leur indépendance. Elle met en œuvre des actions de plaidoyer et de sensibilisation et des formations pour les communautés locales. 
Suivez l'organisation de Bintou sur Twitter  
@APDF_ML