JAKARTA, Indonesia - Après avoir subi une agression sexuelle lorsqu'elle travaillait comme travailleuse domestique à l'étranger, Jejen Nurjanah est devenue une militante sociale qui soutient les femmes migrantes indonésiennes à la recherche d'un emploi à l'étranger. «Grâce à notre collaboration avec le programme Safe and Fair de l'Initiative Spotlight, nous espérons attirer l'attention sur le sort des femmes migrantes afin qu'elles puissent vivre sans violence», a déclaré Mme Nurjanah.

Mme Nurjanah - citoyenne indonésienne - était l'une des 17 millions de travailleuses domestiques migrantes d'Asie qui ont quitté leur pays d'origine pour aller travailler à l'étranger. Grâce à une agence de recrutement, elle a pu obtenir un emploi de travailleuse domestique à Dubai, ce qui lui permettait d'envoyer de l'argent à sa famille à Jakarta. «À l'époque, mon mari n'avait pas de revenu régulier et nous n'avions pas assez de ressources pour subvenir aux besoins de nos deux enfants», a-t-elle déclaré. «Je voyais la migration comme une opportunité de mieux subvenir aux besoins de ma famille.»

«Je voyais la migration comme une opportunité de mieux subvenir aux besoins de ma famille.» - Jejen Nurjanah 

Sa migration s’est avérée plus difficile et dangereuse que ce qu'elle avait imaginé. Devenue mois apte physiquement à la suite d'une blessure physique, Mme Nurjanah a perdu son emploi. N'ayant nulle part où aller, elle a du rester au domicile de son agent de recrutement qui, une nuit, a tenté de l'agresser sexuellement.

«J'avais l'impression de marcher dans l'obscurité», a déclaré Mme Nurjanah. «Les agents de recrutement étaient censés nous aider en cas de problème, mais celui qui m'a hébergé a essayé de me violer.» Elle a réussi à échapper à l'attaque et a appris par la suite que neuf autres femmes avaient subi le même sort.

Sans systèmes d'information ou de soutien en place, les travailleuses migrantes domestiques victimes de violence ne peuvent accéder aux services disponibles ni demander que justice soit rendue pour leurs agresseurs. «Je ne savais même pas où se trouvait l'ambassade d'Indonésie», a déclaré Mme Nurjanah.

Un nouveau chapitre

Credit: UN Women/Pathuumporn Thongking

À son retour en Indonésie, Mme Nurjanah a rejoint l'organisation du Syndicat des travailleurs migrants d'Indonésie (SBMI), qui fournit des services d'assistance et d'informations aux travailleuses migrantes sur les questions liées aux violences envers les femmes.

SBMI est l’une des cinq organisations de femmes indonésiennes qui collaborent avec le programme Safe and Fair de l'Initiative Spotlight, créé pour faire progresser les droits des travailleuses migrantes dans la région de l’ASEAN. Depuis janvier, Safe and Fair et ses partenaires ont fourni des services à plus de 4 300 travailleuses migrantes indonésiennes.

«Je sais par expérience qu'être bien informée est essentiel pour une migration en toute sécurité.» - Jejen Nurjanah 

Le programme Safe and Fair renforce les approches fondées sur le droit et les approches sexospécifiques en matière de gouvernance de la migration profesionnelle. Le programme met l'accent sur la vulnérabilité à la violence et au traffic et il soutient la mise en place de services essentiels pour les femmes migrantes victimes de violence et d'abus dans la région de l'ASEAN.

Par Younghwa Choi